Servie par
un don d'observation exceptionnel et par une
mémoire sans défaut, Renée
Langloys, dans ses ouvrages
précédents, a brossé de
l'Auvergne d'hier une vaste fresque dont on
admire l'originalité et la couleur.
L'ouvrage
d'aujourd'hui nous introduit dans une
catégorie sociale mal connue, celle des
hardis négociants du siècle
dernier qui, derrière leurs comptoirs
d'une Maison de gros ou sous la charge
hétéroclite du colporteur, servis
par les maigres moyens de l'époque,
ravitaillaient l'Auvergne et tout
particulièrement les planèzes
autour de Saint-Flour, cette capitale toujours
vivante.
Bourgeois de
ville et paysans de terroir, penchés sur
un travail exigeant, à pied, à
cheval ou grâce aux voies ferrées
qui s'insinuaient peu à peu dans nos
montagnes, préparaient par leur labeur,
notre civilisation de l'abondance, de la voiture
et des loisirs.